Traumatisme de l'enfance

Expériences adverses dans l'enfance et conséquences à l'âge adulte

Mis à jour le 19 octobre 2026 · José Colleatte, Hypnothérapeute. Psychotraumatisme, anxiété, phobies & HPI

Vous savez ce qui s’est passé quand vous étiez enfant. Vous l’avez peut-être raconté, compris, analysé. Et pourtant, une colère, une tristesse ou une peur qui semblent venir de très loin se déclenchent encore, devant un reproche, une porte qui claque ou un ton de voix.

Un traumatisme de l’enfance ne reste pas dans l’enfance. Ce qui a été vécu trop tôt, trop fort ou trop longtemps continue souvent d’agir à l’âge adulte, à côté d’une vie qui, vue de l’extérieur, fonctionne.

traumatisme d'enfance, voir le monde depuis son point de vue - illustration en noir et blanc

Je suis José Colleatte, hypnothérapeute et maître praticien en hypnose formé à l’ARCHE. Depuis 2016, j’accompagne toute personne en demande de changement et me suis spécialisé dans l’accompagnement des personnes confrontées notamment au psychotraumatisme simple ou complexe, à l’anxiété, aux phobies, à l’épuisement, aux particularités liées au haut potentiel intellectuel (HPI), ou à des difficultés qui résistent parfois à plusieurs accompagnements.

La plupart des personnes que je reçois, n’ont souvent pas mesurer les influences de certaines expériences vécu pendant l’enfance. Elles minimisent souvent le contexte dans lequel elles ont grandi, sans percevoir les conséquences à l’âge adulte de certains épisodes traumatiques rencontrés durant cette période de vie pourtant fondatrice. Savoir s’il est possible de se défaire des conséquences de traumatisme précoce est une demande récurrente en cabinet.

Mon travail relève de l’accompagnement dans le champ des thérapies brèves intégratives. Je cherche moins à faire disparaître une difficulté qu’à comprendre ce qui l’a rendue nécessaire, la fonction qu’elle a pu avoir dans votre histoire et ce qui la maintient aujourd’hui.

Je m’appuie principalement sur l’hypnose conversationnelle ou formelle, des outils issus de l’EMDR, le travail avec les états du moi, les approches sensorimotrices, la pleine conscience et la communication non violente. Ces différentes approches permettent de travailler à plusieurs niveaux, selon ce qui émerge en séance et semble le plus pertinent pour vous : émotionnel, corporel, relationnel ou cognitif.

Les traumatismes d’enfance demandent un accompagnement spécifique qui veille à respecter votre rythme sans débordement émotionnel.

Vous habitez Bordeaux, Le Bouscat ou Brive, je vous accueille en cabinet ou en visio

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José Colleatte

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Hypnothérapeute. Psychotraumatisme, anxiété, phobies & HPI

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Résumé en 30 secondes

Un enfant dépend des adultes, même lorsque ceux qui devraient le protéger lui font peur. Violences, négligences et responsabilités trop lourdes peuvent laisser des traces durables. Leur cumul compte, tout comme la présence de liens protecteurs. À l’âge adulte, ces traces peuvent prendre la forme de pics d’émotion, de honte, d’épuisement ou de difficultés dans les relations et le couple. L’accompagnement part de ce qui vous fait difficulté aujourd’hui, avec l’hypnose, les outils issus de l’EMDR et le travail avec les parties de soi, sans rechercher de souvenirs cachés.

Qu’est-ce qu’un enfant ?

Un enfant dépend des adultes pour manger, être protégé, être consolé et comprendre le monde dans lequel il grandit. Il dépend aussi de ce qu’ils lui disent de lui-même. Avant de pouvoir discuter leur jugement, il commence par les croire. Jusque vers douze ans, il ne peut pas rompre le lien avec ceux dont il dépend. Dans sa tête, perdre ce lien, c’est mourir. Il fera donc tout pour le garder, y compris quand ces adultes lui font peur.

Dans cette page, nous parlerons de l’enfance depuis la naissance jusqu’à la puberté, autour de douze ans. L’adolescence transforme ensuite progressivement cette dépendance et peut se prolonger jusqu’au début de la vingtaine. Ces âges donnent des repères. Les transformations ne surviennent pas toutes au même moment, et aucun anniversaire ne fait disparaître le besoin de protection.

Avec les années, d’autres relations prennent de la place. Des amis, un groupe, une relation amoureuse peuvent offrir un soutien et une autre lecture de ce qui se passe à la maison. Le jeune peut comparer, prendre du recul, envisager une vie qui ne se limite plus à sa famille.

Autour du début de la vingtaine, le père ou la mère peut ainsi tomber de son piédestal. La personne commence à regarder autrement des scènes qu’elle avait toujours considérées comme normales. Cela peut être très déstabilisant. Elle remet en question ceux sur lesquels reposait jusque-là une grande partie de son monde. Une demande d’accompagnement peut alors apparaître.

Pour d’autres, ce moment ne vient pas. L’emprise des parents peut prolonger la dépendance bien au-delà de l’enfance. À cinquante ans, certains ne peuvent toujours pas dire non à leur père ou à leur mère, ni s’éloigner d’eux. Le chantage affectif y est souvent pour beaucoup : « si tu t’en vas, je meurs ». L’adulte reste alors tenu par un lien qu’il ne peut pas plus rompre que l’enfant qu’il a été.

Pour comprendre un traumatisme de l’enfance, il faut d’abord revenir à ce monde-là.

Voir le monde à sa taille

Autour de deux ans, un petit garçon mesure environ 87 centimètres et pèse quelque 12 kilos. Prenons à côté de lui un adulte d’un mètre soixante-quinze, de plus de 70 kilos. L’écart paraît ordinaire. Nous le voyons tous les jours.

un père et son fils qu'il tient par la main - illustration en noir et blanc
Rapport de proportion entre un père et son fils

Imaginez maintenant cet adulte devant quelqu’un de plus de trois mètres de haut. La tête de ce géant arrive à la fenêtre de l’étage. Il est crispé, un poing fermé, et pointe un doigt vers lui.

quand les perspectives permetteent de mieux comprendre le psychotraumatisme de l'enfance
perspective du point de vue de l'enfant et risque de psychotraumatisme

L’adulte qui paraissait grand devient soudain petit. L’image permet d’approcher quelque chose du rapport de puissance que vit l’enfant. Un visage penché vers lui, une voix qui monte, une main qui s’avance peuvent occuper tout son champ d’attention.

L’enfant dispose en outre de beaucoup moins de moyens pour comprendre ce qui arrive, se défendre ou trouver une autre protection. Il ne choisit pas son logement, ne maîtrise pas ses déplacements et ne peut pas organiser seul sa vie ailleurs.

Il peut protester, courir dans sa chambre, se cacher, se figer. La sidération peut rendre toute réaction impossible. Mais même lorsqu’il peut bouger, une difficulté demeure. Après la colère, la menace ou les coups, il lui faudra encore vivre avec cet adulte et dépendre de lui.

Le traumatisme d’attachement, quand la protection et la peur viennent de la même personne

Lorsqu’un enfant a peur ou mal, il cherche normalement la proximité de quelqu’un qui peut l’aider. Ce mouvement vers une personne familière participe de l’attachement. Il se construit dans les réponses reçues, les bras qui accueillent, la voix qui apaise, la présence qui revient.

C’est dans ce lien que l’enfant trouve d’abord une réponse à ses besoins, être protégé et consolé, compter pour quelqu’un, pouvoir s’éloigner pour explorer en sachant qu’il pourra revenir.

Quand cette même personne fait peur, l’enfant se retrouve dans une situation très difficile. Il a besoin de se rapprocher de celui ou de celle dont il voudrait se protéger. Il peut continuer à chercher son affection, défendre ce parent devant les autres et s’accuser lui-même de ce qui se passe.

Se dire « je suis méchant » peut alors laisser une possibilité. En devenant plus gentil, plus sage ou plus discret, peut-être que tout ira mieux. Reconnaître que l’adulte est dangereux soulève une question autrement inquiétante. Sur qui compter ?

On parle alors de traumatisme d’attachement. Le danger ne vient pas d’un événement extérieur, il se trouve dans le lien lui-même. La relation qui devait protéger est celle qui fait peur, ou celle qui laisse l’enfant seul au moment où il en aurait le plus besoin. Ce n’est pas une étiquette posée sur la personne. Le terme rassemble les adaptations que l’enfant met en place pour continuer à vivre dans cette relation, et les traces qu’elles laissent ensuite dans les émotions, le corps et les relations.

Mary Main et Erik Hesse ont décrit ce que vit le tout-petit quand la personne vers laquelle il devrait se tourner est celle qui l’effraie. La peur le pousse vers elle et l’en éloigne en même temps. C’est une peur sans solution. Ses conduites se désorganisent. Il s’approche en détournant la tête, se fige, semble absent un instant. On parle d’attachement désorganisé. Il est beaucoup plus fréquent chez les enfants maltraités. Giovanni Liotti y voyait l’un des trois brins d’une même tresse, avec le traumatisme et la dissociation.

Les travaux sur l’attachement, notamment ceux de Patricia Crittenden, invitent à regarder comment l’enfant adapte sa conduite aux réponses de son entourage. Il apprend ce qu’il peut montrer, ce qu’il vaut mieux taire et ce qu’il faut surveiller pour obtenir un peu de protection. Ces façons de faire ont une histoire. Elles peuvent continuer longtemps après la fin de l’enfance.

Traumatisme de l’enfance : quelles expériences peuvent devenir traumatiques ?

Le mot traumatisme fait penser à un événement identifiable, une agression, un accident, un décès. Ces événements peuvent bien sûr marquer une enfance. Mais certaines histoires se construisent dans une succession de situations dont aucune ne semble, prise isolément, expliquer toute la difficulté.

Ce qui compte est aussi l’âge de l’enfant, la répétition, les possibilités d’agir et la présence de quelqu’un pour l’aider. Une expérience devient traumatique lorsqu’elle déborde ce qu’il peut supporter et intégrer à ce moment-là. Je développe ce cadre sur la page consacrée au traumatisme psychologique.

La violence, même lorsqu’elle ne lui est pas directement adressée

Être frappé, menacé, humilié ou subir des violences sexuelles place directement l’enfant en danger. Ces violences peuvent venir d’un parent ou d’un proche. Voir l’autre parent se faire frapper peut aussi être terrifiant. Depuis sa chambre, il entend les cris et attend de savoir ce qui va arriver. Il voudrait intervenir, mais il est trop petit. Il redoute aussi que son frère ou sa sœur se retrouve au milieu.

Les conflits peuvent le prendre à témoin. Il doit choisir un camp, transmettre un message ou garder un secret qui le dépasse. Parfois, il devient le confident d’un adulte qui lui raconte ce que l’autre lui fait subir.

Le danger peut également se présenter dans les paroles. Être traité d’incapable, de poids pour la famille ou d’enfant dont personne ne voulait finit par toucher la façon de se percevoir. L’enfant entend ces jugements de ceux dont il attend qu’ils lui disent quelle place il a parmi eux.

Le parent qui n’est plus disponible

Un parent dépressif peut se retirer, ne plus répondre, ne plus avoir la force de s’occuper du quotidien. L’enfant réduit alors ses demandes. Il évite de faire du bruit, essaie de rendre service et surveille les signes qui lui diraient que son père ou sa mère va mieux.

Avec l’alcool ou d’autres consommations, les réactions changent et les promesses ne tiennent plus toujours. Une même demande reçoit un sourire un jour, une colère le lendemain. L’enfant essaie de deviner à quelle version de l’adulte il aura affaire.

Lorsqu’un parent menace de se suicider ou a fait une tentative, l’absence peut devenir angoissante. Partir à l’école, dormir chez un ami ou simplement ne plus entendre de bruit dans la maison peut réveiller la peur de le perdre. L’enfant peut se sentir chargé de le maintenir en vie.

Une maladie grave ou des hospitalisations répétées peuvent également bouleverser ses repères. Les relais changent beaucoup la situation. Un adulte disponible peut expliquer, accueillir la peur et prendre en charge ce que l’enfant ne devrait pas porter seul.

Ce qui manque et ce qui reste imprévisible

Certains enfants mangent à leur faim et vont à l’école, mais ne trouvent personne à qui confier une peur ou demander du réconfort. D’autres manquent aussi de soins, de surveillance ou de protection. Ils apprennent tôt à se débrouiller avec des besoins qui restent sans réponse.

À l’inverse, un contrôle permanent peut laisser très peu d’espace. Les affaires sont fouillées, les relations surveillées, toute intimité paraît suspecte. Essayer quelque chose seul devient difficile lorsque l’adulte anticipe systématiquement une catastrophe ou sanctionne toute initiative.

Les séparations répétées, les changements de lieu de vie et les disparitions de personnes importantes peuvent encore fragiliser les appuis. L’enfant doit sans cesse retrouver où se poser et à qui faire confiance.

Il faut regarder ce quotidien dans son ensemble. La peur, les absences et l’imprévisibilité peuvent se cumuler, tandis qu’une présence stable peut modifier profondément la façon de les traverser.

Quand ce que l’enfant vit est continuellement démenti

« J’ai mal. » L’adulte répond qu’il n’a pas mal. L’enfant rappelle une parole entendue la veille, et reçoit l’assurance que cela n’a jamais été dit. Il saigne, mais c’est encore lui qui exagère.

Une maladresse occasionnelle peut se reprendre. Lorsque ces réponses deviennent habituelles, l’enfant se retrouve régulièrement avec une contradiction entre ce qu’il éprouve et ce que l’adulte lui affirme. Il peut finir par hésiter sur ses sensations, ses souvenirs et la légitimité de ses réactions.

Il cherche alors une confirmation extérieure avant de se croire. A-t-il vraiment mal ? A-t-il bien entendu ? A-t-il le droit d’être triste ou en colère ? Ce doute peut l’accompagner longtemps, jusqu’à lui faire demander pardon pour une blessure qu’il a pourtant subie.

Le gaslighting recouvre certaines formes de cette déstabilisation répétée. Pour comprendre le vécu de l’enfant, il faut surtout entendre ce que produit une relation dans laquelle sa propre expérience est continuellement récusée.

La parentification, lorsque l’enfant prend soin des adultes

À cinq ans, un enfant peut déjà essayer de consoler sa mère malade, surveiller son visage ou renoncer à demander quelque chose pour ne pas la fatiguer. Dans certaines familles, il en vient à se sentir responsable de son état.

La parentification désigne cette prise de responsabilités qui dépasse sa place et ses possibilités. Elle peut être pratique, s’occuper des plus petits ou assurer une partie du quotidien. Elle peut aussi être émotionnelle, rassurer un parent, recevoir ses confidences, calmer ses crises ou préserver l’équilibre du couple.

L’enfant est parfois félicité pour sa maturité. Il semble raisonnable, autonome, formidablement attentif. Derrière cette compétence, il peut y avoir très peu de place pour sa fatigue, ses jeux, sa peur et son propre besoin d’être consolé.

Participer à la vie de famille peut être une expérience heureuse. La difficulté apparaît lorsque le bien-être des adultes semble dépendre de l’enfant, que la charge dure et que personne ne prend le relais. Plus tard, se reposer ou laisser quelqu’un se débrouiller peut alors donner l’impression d’abandonner une personne en danger.

La place des frères et sœurs

La fratrie change parfois tout. Un grand frère comprend ce qui se passe, une sœur accueille une confidence, quelqu’un reste auprès du plus petit lorsque les adultes se disputent. L’enfant trouve une présence qui partage son quotidien et lui confirme qu’il a bien vu ou entendu ce qu’il croit.

Cette protection peut aussi coûter à celui qui la donne. L’aîné fait écran, prend les reproches ou s’occupe des autres. Il devient un appui essentiel tout en restant lui-même un enfant qui aurait besoin d’aide.

Grandir dans la même maison ne signifie donc pas vivre la même enfance. Les places, les moments, les protections reçues et les violences subies peuvent être très différents. Que l’un ait été soutenu ou épargné ne dit pas ce que l’autre a vécu.

Un frère ou une sœur peut également être à l’origine du danger. Les humiliations répétées, les menaces, les coups et le harcèlement fraternel peuvent s’installer sous couvert de chamailleries. Les violences sexuelles et les viols existent aussi entre frères et sœurs. La proximité familiale peut rendre très difficile de comprendre, de s’opposer ou d’en parler.

La réponse des adultes devient alors déterminante. Lorsque l’enfant est renvoyé au silence pour préserver la famille, ou qu’une agression est ramenée à un jeu, il perd aussi l’aide qu’il venait chercher. L’agresseur reste parfois dans la chambre voisine et la vie commune continue.

J’aborde également les effets des violences sexuelles et les réactions qui ajoutent à la blessure sur la page consacrée au viol et aux agressions sexuelles.

Ce que l’enfant apprend de son entourage

L’enfant apprend en regardant les autres. Le visage d’un parent, sa voix et ses gestes lui donnent des informations sur ce qu’il peut approcher ou doit éviter. Il peut ainsi apprendre à redouter une situation sans y avoir lui-même vécu de mauvaise expérience.

Les paroles comptent également. Entendre régulièrement que les autres sont dangereux ou que toute initiative finira mal peut contribuer à organiser la peur et l’évitement. Je décris ce mode d’apprentissage sur la page consacrée à la vicariance.

Les attentes des adultes modifient aussi les interactions. Un enfant auquel une possibilité est offerte peut essayer, être aidé et progresser. Celui dont les initiatives sont systématiquement accueillies par un jugement d’incapacité dispose de moins d’occasions de constater ce qu’il peut faire.

Dans une histoire traumatique, ces apprentissages peuvent prendre beaucoup de place. Surveiller les visages, anticiper la colère ou ne rien demander a pu aider l’enfant à traverser son quotidien. Des années plus tard, ces réponses peuvent encore se déclencher devant un silence, un désaccord ou un changement de ton, même dans une relation devenue différente.

Traumatisme de l’enfance et dissociation structurelle

Pourquoi ces réponses durent-elles aussi longtemps ? Lors des journées du CASPERTT en 2019, Olivier Piedfort-Marin intitulait son intervention « La dissociation structurelle de la personnalité comme étiologie de la psychopathologie chez le sujet adulte traumatisé dans son enfance ». Autrement dit, beaucoup des difficultés d’un adulte se comprennent mieux quand on les regarde comme les traces d’une organisation construite, enfant, pour survivre.

Le modèle de la dissociation structurelle, proposé par Onno van der Hart, Ellert Nijenhuis et Kathy Steele dans la lignée de Pierre Janet, décrit une partie qui fait tourner la vie quotidienne et des parties restées liées au temps du danger. Tout peut se passer comme si un aspect de la personne continuait à vivre dans le temps d’une expérience ancienne, avec les émotions, les représentations et parfois les possibilités de compréhension de cette époque.

C’est un modèle clinique, une manière de penser et de travailler, pas un diagnostic. Je décris ces parties plus en détail sur la page traumatisme complexe.

Les expériences adverses dans l’enfance, ce que les études ACE ont rendu visible

Les recherches sur les expériences adverses dans l’enfance sont souvent désignées par le sigle ACE, pour Adverse Childhood Experiences. Elles examinent les liens entre des difficultés vécues avant dix-huit ans et la santé ultérieure. Le terme enfance y recouvre donc aussi l’adolescence.

Ces travaux ont donné une visibilité importante au cumul des violences, des négligences et des difficultés familiales. Ils montrent que l’histoire de l’enfance reste associée à la santé psychique et physique bien après que les événements sont terminés. Plus les expériences adverses s’additionnent, plus les difficultés à l’âge adulte sont fréquentes. Quand elles s’enchaînent sans adulte pour réparer, tout s’emmêle, les émotions, les relations, le corps, l’image de soi. C’est ce qu’on appelle le traumatisme complexe. Des recherches suivent aujourd’hui les personnes depuis l’enfance, au lieu de s’appuyer uniquement sur ce que les adultes en racontent ensuite.

Les approches plus récentes regardent aussi la nature des expériences. Être exposé à une menace, manquer durablement d’échanges et de soutien pour se développer, ou vivre dans un environnement imprévisible ne sollicite pas l’enfant de la même manière. Ces dimensions peuvent se retrouver ensemble dans une histoire.

Un score ACE additionne des catégories d’expériences. Il laisse de côté une grande partie de leur durée, de leur contexte et de ce qui a aidé l’enfant. Il donne des repères sur des risques observés dans des groupes, sans prédire ce que deviendra une personne. Pour comprendre votre parcours, il faut aussi regarder ce qui s’est passé entre les cases du questionnaire.

Ce qui a pu aider l’enfant à tenir

Un autre parent, un grand-parent, un frère, une sœur, une enseignante ou un ami peut ouvrir une autre possibilité. Quelqu’un écoute, croit ce qui est raconté, protège ou offre un endroit où relâcher la vigilance.

Ces expériences comptent. Elles peuvent aider l’enfant à trouver des mots, à demander de l’aide et à découvrir que certaines relations fonctionnent autrement. Un soutien peut être décisif sans que la personne qui l’apporte connaisse toute l’histoire.

Un soutien peut être décisif face au psychotraumatisme de l'enfance - illustration en noir et blanc
Etre accueilli et rassurer, un facteur de résilience face au psychotraumatisme de l'enfance

En grandissant, les amitiés, les rencontres et l’accès à d’autres milieux élargissent encore les appuis. Les choses deviennent plus faciles à comparer. Une parole jusque-là considérée comme normale peut apparaître violente lorsqu’elle est enfin entendue par quelqu’un d’extérieur.

Reconnaître ce qui a aidé permet aussi de comprendre une enfance. Cela donne une place aux liens qui ont compté, aux possibilités qui sont restées ouvertes et à celles qui peuvent encore se construire.

Symptômes et conséquences d’un traumatisme de l’enfance à l’âge adulte

Les conséquences d’un traumatisme de l’enfance prennent des formes très différentes d’une personne à l’autre. Elles ne se présentent presque jamais toutes ensemble, et certaines font tellement partie du quotidien qu’on ne les remarque plus.

Des émotions qui surgissent par pics

La colère monte d’un coup, sans commune mesure avec ce qui vient de se passer. Une tristesse très profonde envahit tout, pour un mot, un silence, un départ. Dans d’autres situations, au contraire, tout se fige. Les mots ne viennent plus, la pensée se vide, comme lorsque la sidération revient. Ce qui réagit alors, c’est moins l’adulte d’aujourd’hui qu’une partie restée au temps de l’enfance, devant une scène qui ressemble à l’ancienne. Ce sont les deux manières de sortir de sa fenêtre de tolérance, par le haut ou par le bas.

Il arrive aussi que les émotions restent difficiles à reconnaître. La personne sent que quelque chose ne va pas, sans parvenir à dire si c’est de la peur, de la colère ou de la tristesse. Certaines conduites apaisent alors sur le moment, l’alcool ou d’autres substances, la nourriture, le travail sans fin.

La honte, la culpabilité et le jugement porté sur soi

La honte et la culpabilité sont souvent au premier plan. L’autojugement ne s’arrête jamais, le dénigrement non plus : « je suis nul », « je n’y arriverai jamais », « c’est de ma faute ». Ces phrases ressemblent souvent à celles qui ont été entendues enfant. Elles racontent surtout ce que l’enfant a dû croire de lui-même pour garder sa place, et c’est ce que montre la page sur l’estime de soi.

Une fatigue difficile à décrire

Beaucoup parlent d’une fatigue intense, souvent indescriptible, avec quelquefois la sensation que les batteries sont complètement à plat. Rester sur ses gardes depuis l’enfance, surveiller, s’adapter, prendre soin des autres demande une énergie considérable. L’épuisement peut finir par prendre la forme d’un burn-out. Le sommeil se dérègle, des cauchemars reviennent, et le repos ne suffit plus à recharger.

Scanner l’autre avant de le laisser entrer

Sous des apparences ordinaires, entrer en relation peut consister à scanner l’autre. Est-il une menace ? Peut-il entrer dans mon cercle ? Le visage, le ton, les silences sont observés en permanence, avant même que la conversation ait vraiment commencé. Cette vigilance a protégé l’enfant. Elle coûte cher à l’adulte.

Faire confiance, exprimer un désaccord, recevoir de l’affection ou poser une limite peut devenir difficile. La personne prend soin des autres, anticipe leurs besoins et s’épuise, tout en ayant beaucoup de mal à reconnaître les siens.

Les problèmes de couple, quand se rejouent les rôles appris

C’est souvent dans le couple que ces traces deviennent les plus visibles. On y dépend de nouveau de quelqu’un, on en attend du réconfort, et la proximité peut réveiller les anciennes alarmes.

Enfant, chacun se fait une représentation de ce qu’est un couple, de ce qu’on peut attendre de l’autre, de la place qu’on y occupe, de ce qui arrive quand on a besoin de lui ou qu’on n’est pas d’accord. John Bowlby parlait de modèles internes opérants. Ils se construisent dans la relation avec ceux qui élèvent l’enfant et dans le couple qu’il voit vivre sous ses yeux. Ils agissent le plus souvent sans qu’on y pense.

Quand ces représentations originelles sont défaillantes, quelque chose peut vouloir rejouer, souvent inconsciemment, les rôles des modèles. On se retrouve à la place du parent qui criait ou de celui qui se taisait, de l’enfant qui tentait de tout réparer, ou face à un partenaire qui en tient le rôle. Un silence de l’autre est lu avec les yeux de l’enfant d’alors, et la réaction qu’il déclenche peut finir par provoquer ce qu’elle redoutait.

Les études qui suivent des enfants maltraités jusqu’à l’âge adulte retrouvent davantage de ruptures et de divorces. Grandir dans une famille violente augmente aussi le risque de vivre la violence dans son propre couple, en la subissant ou en l’exerçant. Ce lien reste modéré. Ce n’est pas un destin, et des relations qui fonctionnent autrement peuvent aussi faire évoluer ces modèles.

Et la mémoire

La mémoire peut également poser question. « J’ai oublié toute une période de ma vie », « je n’ai presque aucun souvenir d’enfance ». Certains souvenirs restent vagues ou fragmentaires. D’autres sont connus comme des faits, mais paraissent très éloignés, tandis qu’une émotion surgit sans explication immédiate.

Ces manifestations demandent à être comprises dans l’histoire de la personne. Leur présence ne permet pas de déduire à elle seule un événement oublié. Lorsqu’elles touchent durablement les émotions, l’image de soi et les relations, je les décris plus en détail sur la page traumatisme complexe.

Traumatisme d’enfance refoulé : peut-on avoir oublié ?

Oui, une expérience traumatique peut s’accompagner d’une amnésie partielle. Une personne peut se rappeler certains éléments et ne pas retrouver d’autres moments de la scène. Des épisodes ou une période peuvent rester difficilement accessibles. Des souvenirs peuvent aussi revenir plus tard, parfois de façon fragmentaire.

Le mot « refoulé » est souvent employé pour parler de ces absences. En pratique, il recouvre des expériences différentes. La dissociation peut perturber l’accès aux souvenirs. Il arrive aussi qu’une personne se souvienne des faits depuis longtemps, mais ne les ait jamais nommés comme une violence, ou n’ait jamais pu en parler. Se rappeler, comprendre et pouvoir raconter ne se produisent pas nécessairement au même moment.

L’absence de souvenirs des toutes premières années est par ailleurs courante. La mémoire autobiographique se construit pendant l’enfance, et chacun ne conserve pas la même quantité de détails. Avoir peu de souvenirs ne constitue donc pas, en soi, la preuve d’un traumatisme caché.

Une image ou une sensation qui apparaît en séance demande également à être accueillie sans conclusion précipitée sur ce qui s’est historiquement passé. Son intensité ne suffit pas à établir son exactitude. Elle peut avoir une grande importance pour la personne sans nous donner une reconstitution certaine des faits.

Dans mon accompagnement, nous travaillons avec ce qui est accessible et avec ce qui fait difficulté aujourd’hui. Une peur, une honte ou une réaction corporelle peuvent être approchées même si tous les souvenirs ne sont pas disponibles. Retrouver une scène manquante n’est pas une condition pour commencer ce travail.

Accompagner les conséquences d’un traumatisme de l’enfance à l’âge adulte

L’alliance est au cœur même de tout accompagnement. C’est elle qui gouverne le rythme, la profondeur du travail et le choix des outils. Elle se construit lorsque vous vous sentez compris, entendu et respecté, en confiance et en sécurité, et concerné par votre propre changement.

Comprendre son histoire peut apporter un soulagement, mais une réaction ancienne ne change pas toujours parce que son origine est devenue claire. La personne sait qu’elle est adulte et continue pourtant à se sentir minuscule devant une colère, un reproche ou la possibilité de décevoir.

Nous partons de ce qui se présente aujourd’hui. Ce qui déclenche la peur, la façon dont le corps réagit, les paroles qui reviennent et ce qui devient difficile dans les relations. Les différentes approches s’articulent selon ce que vous pouvez approcher et ce que vous souhaitez travailler.

L’hypnose

L’hypnose peut offrir une manière d’approcher une émotion ou une scène en gardant une distance suffisante. Une possibilité de se protéger, de recevoir du soutien ou de répondre peut être explorée dans l’imagination. Ce travail porte sur ce que l’expérience fait vivre aujourd’hui.

Il peut se faire dans la conversation ou dans un temps d’hypnose plus formel. Je n’utilise pas l’hypnose pour rechercher des souvenirs. Vous gardez la possibilité de parler, d’interrompre et de choisir ce que vous souhaitez poursuivre. Je présente cette pratique sur la page consacrée à l’hypnose conversationnelle.

L’EMDR et les outils qui en sont issus

Les stimulations bilatérales alternées peuvent prendre place dans ce travail. Elles s’articulent avec l’attention portée au corps, aux émotions et aux différentes parties de soi. Une partie peut vouloir avancer tandis qu’une autre a besoin de garder une distance ou une protection.

L’intensité d’une émotion et votre présence dans la séance nous servent de repères. Un chiffre de gêne ne décide pas à votre place de ce qu’il faudrait ressentir. Nous cherchons ce qui devient suffisamment supportable pour vous, en respectant aussi ce que vous souhaitez conserver. Je développe l’usage de ces outils issus de l’EMDR sur leur page dédiée.

La manière d’articuler ces approches est présentée plus largement dans les pages sur le traumatisme psychologique et le traumatisme complexe. Je vous reçois à Bordeaux, Le Bouscat ou Brive.

Ce que vous avez appris enfant s’est construit avec les moyens et les appuis dont vous disposiez alors. Aujourd’hui, vous pouvez commencer à regarder ces réponses depuis votre place d’adulte, avec davantage de soutien et de possibilités de choisir.

Mon cadre et mes limites

Je suis accompagnant et, si le travail sur vous-même, vos émotions, vos apprentissages, vos protections ou certaines expériences passées peut avoir des effets thérapeutiques, je ne suis pour autant ni médecin, ni psychologue, ni psychiatre, ni psychothérapeute. Je ne pose aucun diagnostic.

Dans certaines situations, mon accompagnement peut intervenir en complément du suivi d’un professionnel de santé, que vous m’ayez été adressé(e) par celui-ci, qu’un accompagnement soit déjà en cours ou qu’il me semble nécessaire de vous inviter à en envisager un.

Je n’accompagne pas les personnes de moins de 16 ans, les troubles psychotiques, les personnes engagées dans une logique de passage à l’acte suicidaire, ni les personnes encore exposées à une situation de violence ou de danger. Dans ce dernier cas, la priorité est d’abord la mise en sécurité, et mon travail trouve sa place ensuite, lorsque la situation est suffisamment stabilisée. (En cas d’urgence)

Les pensées suicidaires, même présentes depuis longtemps, ne sont pas en elles-mêmes un motif de refus. Un suivi médical ou psychologique en parallèle se décide au cas par cas.

J’ajuste le travail à ce que vous pouvez porter. J’en dis davantage ici.

Questions fréquentes à propos du traumatisme de l’enfance

Quels sont les symptômes d’un traumatisme de l’enfance à l’âge adulte ?

Ils varient beaucoup d’une personne à l’autre. Les plus fréquents sont des émotions qui surgissent par pics, colère ou tristesse, des moments où tout se fige, la honte, la culpabilité et un jugement très dur porté sur soi, une fatigue intense difficile à décrire, et une vigilance permanente dans les relations, jusque dans le couple. Les études ACE montrent que plus les expériences adverses de l’enfance sont nombreuses, plus ces difficultés sont fréquentes.

Qu’est-ce qu’un traumatisme d’attachement ?

On parle de traumatisme d’attachement quand le danger vient de la relation qui devait protéger l’enfant. Un parent fait peur, maltraite, ou laisse l’enfant seul face à ce qu’il ne peut pas porter. L’enfant ne peut ni fuir ni rompre ce lien, alors il s’adapte. Ces adaptations continuent souvent d’agir à l’âge adulte, dans les émotions, l’image de soi et les relations, jusque dans le couple.

Peut-on avoir vécu un traumatisme d’enfance sans s’en souvenir ?

Oui, une expérience traumatique peut s’accompagner d’une amnésie partielle, et des souvenirs peuvent revenir plus tard, parfois en fragments. Avoir peu de souvenirs des premières années est aussi très courant, et ne prouve pas un traumatisme caché. Je ne pars jamais à la recherche de souvenirs cachés. Nous travaillons avec ce qui se présente aujourd’hui.

Existe-t-il un test du traumatisme de l’enfance ?

Il existe des questionnaires validés, utilisés en recherche et parfois en consultation. Les plus connus sont celui de l’étude ACE et le CTQ, qui mesure plusieurs formes de maltraitance et de négligence. Tous mesurent ce dont vous vous souvenez et ce que vous rapportez, et aucun ne pose de diagnostic à lui seul. Ce qui compte, c’est ce qui continue d’agir aujourd’hui, et cela se regarde avec vous.

À quel âge parle-t-on d’enfance ?

Le droit et les études ACE parlent d’enfance avant 18 ans. Dans ma pratique, la frontière se situe plutôt vers 12 ans, avec l’entrée dans la puberté. Jusque-là, l’enfant ne peut pas rompre le lien avec ceux dont il dépend. Cette frontière n’est pas nette, et l’emprise des parents peut prolonger la dépendance très longtemps, parfois toute une vie d’adulte.

Quelle différence entre traumatisme de l’enfance et traumatisme complexe ?

Un traumatisme de l’enfance peut venir d’un événement unique ou d’une situation qui dure. Le traumatisme complexe désigne ce qui se construit quand des expériences traumatiques se répètent, souvent dans l’enfance et souvent dans une relation dont il était difficile de sortir. Je le décris sur la page traumatisme complexe.

Peut-on travailler sur un traumatisme d’enfance à l’âge adulte ?

Oui. Ce qui a été appris enfant pour traverser un milieu difficile peut évoluer à l’âge adulte. Le travail part de ce qui fait difficulté aujourd’hui, à un rythme qui tient compte de ce que vous pouvez porter. Je n’utilise pas l’hypnose pour rechercher des souvenirs.

Études scientifiques : traumatisme de l'enfance

Les études qui suivent visent à donner des repères sur certains des phénomènes et des outils évoqués dans cette page. Elles éclairent ma pratique, elles ne la fondent pas.
Ces études portent chacune sur un mécanisme ou une approche particulière. Leur rapprochement permet de comprendre la logique qui guide mes choix. Il ne constitue pas une preuve de l’efficacité de la manière dont je les articule en séance.
La liste des études

L’âge de l’adolescence Avec une puberté plus précoce, une croissance qui se poursuit au-delà de 20 ans et des transitions sociales plus tardives, les auteurs proposent de situer l’adolescence entre 10 et 24 ans. Sawyer, S. M., Azzopardi, P. S., Wickremarathne, D. & Patton, G. C. – 2018 – « The age of adolescence ». The Lancet Child & Adolescent Health, 2(3), 223–228. (voir)

S’attacher à celui qui fait peur L’enfant s’attache à la personne qui prend soin de lui, même lorsqu’elle le maltraite ou le néglige. La synthèse s’appuie surtout sur la recherche animale. Sullivan, R. M. – 2012 – « The neurobiology of attachment to nurturing and abusive caregivers ». Hastings Law Journal, 63(6), 1553–1570. (voir)

Le modèle dynamique-maturatif de l’attachement Les stratégies d’attachement y sont décrites comme des adaptations au danger, apprises dans un contexte donné, plutôt que comme des défauts. Crittenden, P. M. – 2006 – « A Dynamic-Maturational Model of Attachment ». Australian and New Zealand Journal of Family Therapy, 27(2), 105–115. (voir)

Le traumatisme d’attachement Une revue intégrative fait converger six courants de recherche, trois sur l’attachement et trois sur le trauma. Le traumatisme d’attachement y est décrit comme un ensemble d’adaptations à des expériences débordantes vécues dans une relation d’attachement, et non comme un diagnostic. Zagaria, A., Baggio, T., Rodella, L. & Leto, K. – 2024 – « Toward a definition of Attachment Trauma: Integrating attachment and trauma studies ». European Journal of Trauma & Dissociation, 8(3), 100416. (voir)

L’attachement désorganisé chez les enfants maltraités 55 études, 4 792 enfants : les enfants maltraités ont beaucoup plus souvent un attachement désorganisé, et le cumul de cinq difficultés sociales et économiques produit un effet comparable. Cyr, C., Euser, E. M., Bakermans-Kranenburg, M. J. & van IJzendoorn, M. H. – 2010 – « Attachment security and disorganization in maltreating and high-risk families: A series of meta-analyses ». Development and Psychopathology, 22(1), 87–108. (voir)

Trois brins d’une même tresse L’article relie l’attachement désorganisé, le traumatisme et la dissociation. Liotti, G. – 2004 – « Trauma, dissociation, and disorganized attachment: Three strands of a single braid ». Psychotherapy: Theory, Research, Practice, Training, 41(4), 472–486. (voir)

Les enfants témoins de violences conjugales 118 études : les enfants témoins vont nettement moins bien que les autres, et pas significativement mieux que les enfants battus. Kitzmann, K. M., Gaylord, N. K., Holt, A. R. & Kenny, E. D. – 2003 – « Child witnesses to domestic violence: A meta-analytic review ». Journal of Consulting and Clinical Psychology, 71(2), 339–352. (voir)

Les violences émotionnelles 104 études, 113 673 personnes : les violences émotionnelles subies dans l’enfance sont associées à la psychopathologie adulte, plus nettement encore que les violences physiques ou sexuelles lorsqu’on tient compte des autres formes. Les études incluses sont rétrospectives et transversales. Miron, N., D’Andrea, W. M., Barzilai, E. et al. – 2026 – « Childhood emotional abuse and adult psychopathology: A multilevel meta-analytic review ». Psychological Bulletin, 152(7–8), 623–664. (voir)

La parentification Une revue de 95 études : les effets de la parentification varient selon les caractéristiques du jeune, les bénéfices qu’il en perçoit et les soutiens dont il dispose. Dariotis, J. K., Chen, F. R., Park, Y. R., Nowak, M. K., French, K. M. & Codamon, A. M. – 2023 – « Parentification vulnerability, reactivity, resilience, and thriving: A mixed methods systematic literature review ». International Journal of Environmental Research and Public Health, 20(13), 6197. (voir)

Les frères et sœurs face aux expériences adverses 148 publications : les aînés protègent souvent leurs cadets, et peuvent porter une charge bien plus lourde. Donagh, B., Taylor, J., al Mushaikhi, M. & Bradbury-Jones, C. – 2023 – « Sibling experiences of adverse childhood experiences: A scoping review ». Trauma, Violence, & Abuse, 24(5), 3513–3527. (voir)

Les violences sexuelles entre frères et sœurs 39 études : beaucoup de victimes ne parlent qu’à l’âge adulte, et les parents réagissent souvent en minimisant les faits ou en ne croyant pas l’enfant. Russell, D. H., Trew, S., Dickson, J., Hunt, G. R. & Higgins, D. J. – 2025 – « The risk and protective factors, response to disclosure, and interventions for sibling sexual abuse: A systematic review ». Child Abuse & Neglect, 162, 107136. (voir)

Apprendre la peur en observant ses parents Chez les enfants jusqu’à 30 mois, la peur et l’évitement d’un objet nouveau se transmettent en observant les réactions d’un parent. Nimphy, C. A., Venetikidi, M., Elzinga, B. M., van der Does, W. & Aktar, E. – 2023 – « Parent to offspring fear transmission via modeling in early life: A systematic review and meta-analysis ». Clinical Child and Family Psychology Review, 26(3), 751–772. (voir)

Les paroles qui annoncent un danger 17 études : quand un parent présente une chose nouvelle comme menaçante, la peur de l’enfant augmente nettement, quel que soit son âge. Nimphy, C. A., Mitrou, V., Elzinga, B. M., van der Does, W. & Aktar, E. – 2024 – « The role of parental verbal threat information in children’s fear acquisition: A systematic review and meta-analysis ». Clinical Child and Family Psychology Review, 27(3), 714–731. (voir)

Les attentes des parents 169 études : les attentes scolaires des parents et les résultats des enfants s’influencent dans les deux sens. Pinquart, M. & Ebeling, M. – 2020 – « Parental educational expectations and academic achievement in children and adolescents – a meta-analysis ». Educational Psychology Review, 32(2), 463–480. (voir)

Le Soi hanté La théorie de la dissociation structurelle de la personnalité, partie apparemment normale et parties émotionnelles, et le traitement par phases des traumatisations chroniques. Édition française chez De Boeck. Van der Hart, O., Nijenhuis, E. R. S. & Steele, K. – 2006 – « The Haunted Self: Structural Dissociation and the Treatment of Chronic Traumatization ». W. W. Norton.

Psychothérapie des traumatismes complexes Une approche intégrative fondée sur la théorie des états du moi et les techniques hypno-imaginatives. Piedfort-Marin, O. & Reddemann, L. – 2016 – « Psychothérapie des traumatismes complexes : une approche intégrative basée sur la théorie des états du Moi et des techniques hypno-imaginatives ». Satas.

L’étude ACE Plus de 9 500 adultes : avec quatre catégories d’adversités ou plus dans l’enfance, le risque d’alcoolisme, de toxicomanie, de dépression ou de tentative de suicide est multiplié par 4 à 12. Felitti, V. J., Anda, R. F., Nordenberg, D., Williamson, D. F., Spitz, A. M., Edwards, V., Koss, M. P. & Marks, J. S. – 1998 – « Relationship of childhood abuse and household dysfunction to many of the leading causes of death in adults: The Adverse Childhood Experiences (ACE) Study ». American Journal of Preventive Medicine, 14(4), 245–258. (voir)

L’effet cumulatif 37 études, 253 719 personnes : avec quatre adversités ou plus, le risque est multiplié par plus de 7 pour la consommation de drogues et les violences, par 3 à 6 pour les troubles psychiques. Hughes, K., Bellis, M. A., Hardcastle, K. A., Sethi, D., Butchart, A., Mikton, C., Jones, L. & Dunne, M. P. – 2017 – « The effect of multiple adverse childhood experiences on health: a systematic review and meta-analysis ». The Lancet Public Health, 2(8), e356–e366. (voir)

Suivre les enfants jusqu’à l’âge adulte 62 études prospectives menées dans 15 pays : les expériences adverses de l’enfance sont associées à plusieurs difficultés psychiques adultes, du stress post-traumatique à l’anxiété, à la dépression et aux idées suicidaires. Thurston, C., Murray, A. L., Franchino-Olsen, H., Silima, M., Hemady, C. L. & Meinck, F. – 2026 – « Prospective longitudinal associations between adverse childhood experiences and adult mental health outcomes: Systematic review and meta-analysis ». Trauma, Violence, & Abuse, 27(4), 1700–1718. (voir)

Au-delà du cumul La revue présente les approches qui additionnent les adversités et celles qui distinguent leurs dimensions, notamment la menace et la privation. Machlin, L., Sheridan, M. A., Tsai, A. P.-T. & McLaughlin, K. A. – 2025 – « Research Review: Assessment of early-life adversity and trauma – cumulative risk and dimensional approaches ». Journal of Child Psychology and Psychiatry, 66(11), 1748–1764. (voir)

Un risque de groupe, pas un destin Dans deux cohortes suivies depuis la naissance, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, le score ACE distingue des groupes mais prédit mal l’avenir d’une personne. Baldwin, J. R., Caspi, A., Meehan, A. J. et al. – 2021 – « Population vs individual prediction of poor health from results of adverse childhood experiences screening ». JAMA Pediatrics, 175(4), 385–393. (voir)

Les expériences positives de l’enfance Huit publications issues de cinq études longitudinales, 16 451 participants : les expériences positives de l’enfance vont de pair, par la suite, avec moins de dépression, de consommations et d’insomnie. Kallapiran, K., Suetani, S., Cobham, V., Eapen, V. & Scott, J. – 2026 – « Impact of positive childhood experiences (PCEs): A systematic review of longitudinal studies ». Child Psychiatry & Human Development, 57(5), 1565–1580. (voir)

Reconnaître ses émotions 99 échantillons, 36 141 personnes : la maltraitance dans l’enfance est associée, à l’âge adulte, à une difficulté à identifier et à décrire ses émotions, surtout après des négligences ou des violences émotionnelles. Ditzer, J., Wong, E. Y., Modi, R. N., Behnke, M., Gross, J. J. & Talmon, A. – 2023 – « Child maltreatment and alexithymia: A meta-analytic review ». Psychological Bulletin, 149(5–6), 311–329. (voir)

L’amour comme attachement Deux enquêtes par questionnaire : les styles d’attachement se retrouvent chez l’adulte dans des proportions proches de celles de l’enfance. Ils colorent la façon de vivre l’amour et vont de pair avec les modèles de soi et des relations, ainsi qu’avec le souvenir de la relation aux parents. Hazan, C. & Shaver, P. – 1987 – « Romantic love conceptualized as an attachment process ». Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511–524. (voir)

Une stabilité modérée Méta-analyse et modélisation : la sécurité de l’attachement est modérément stable de la première année à 19 ans. Fraley, R. C. – 2002 – « Attachment stability from infancy to adulthood: Meta-analysis and dynamic modeling of developmental mechanisms ». Personality and Social Psychology Review, 6(2), 123–151. (voir)

Maltraitance dans l’enfance et vie de couple 1 196 personnes suivies depuis l’enfance, dont 676 maltraitées ou négligées : à l’âge adulte, plus d’unions libres, de départs et de divorces, chez les hommes comme chez les femmes. Colman, R. A. & Widom, C. S. – 2004 – « Childhood abuse and neglect and adult intimate relationships: A prospective study ». Child Abuse & Neglect, 28(11), 1133–1151. (voir)

La violence d’une génération à l’autre Méta-analyse : grandir dans une famille violente est associé à la violence dans son propre couple, avec un lien faible à modéré. Stith, S. M., Rosen, K. H., Middleton, K. A., Busch, A. L., Lundeberg, K. & Carlton, R. P. – 2000 – « The intergenerational transmission of spouse abuse: A meta-analysis ». Journal of Marriage and Family, 62(3), 640–654. (voir)

Traumatismes de l’enfance et mémoire autobiographique 48 études : les traumatismes interpersonnels vont le plus souvent de pair avec une mémoire autobiographique moins précise, ce qui n’est presque jamais le cas des autres traumatismes. Borrelli, G., Lamberti Zanardi, A., Scognamiglio, C., Cinquegrana, V. & Perrella, R. – 2024 – « The relationship between childhood interpersonal and non-interpersonal trauma and autobiographical memory: a systematic review ». Frontiers in Psychology, 15, 1328835. (voir)

L’oubli ordinaire des premières années Des événements racontés à 3 ans sont encore rappelés à 60 % ou plus entre 5 et 7 ans, et à moins de 40 % à 8 et 9 ans. Bauer, P. J. & Larkina, M. – 2014 – « The onset of childhood amnesia in childhood: A prospective investigation of the course and determinants of forgetting of early-life events ». Memory, 22(8), 907–924. (voir)

Mémoire et violences sexuelles subies dans l’enfance La prise de position décrit des souvenirs fragmentés, incohérents ou confus, des amnésies partielles ou complètes liées à la dissociation, et des révélations qui viennent en moyenne 16 à 24 ans après les faits. Royal College of Psychiatrists – 2026 – « Addressing the impact of non-recent child sexual abuse on the mental health of adults ». Position Statement PS04/26. (voir)

Souvenirs retrouvés, souvenirs inexacts Un souvenir oublié peut revenir, rarement, et de faux souvenirs convaincants peuvent aussi se construire. Aucun ensemble de symptômes ne prouve à lui seul une violence oubliée. American Psychological Association – 1995 – « Questions and answers about memories of childhood abuse ». (voir)

Les souvenirs ravivés sous hypnose Méta-analyse de 24 études qui montre que l’hypnose augmente les erreurs et les faux souvenirs, ainsi que la confiance des personnes dans l’exactitude de leurs souvenirs. Steblay, N. M. & Bothwell, R. K. – 1994 – « Evidence for hypnotically refreshed testimony: The view from the laboratory ». Law and Human Behavior, 18(6), 635–651. (voir)

Les repères de croissance des illustrations À 24 mois, la taille médiane d’un garçon debout est de 87,1 cm et son poids médian de 12,2 kg. Organisation mondiale de la santé – WHO Child Growth Standards. (taille, poids)

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